Aspie Life # 1 : Ma vie en tant que femme autiste
J’ai 24 ans et je suis autiste Asperger, officiellement diagnostiquée depuis avril 2018. Comme beaucoup de femmes autistes qui découvrent leur condition à l’âge adulte, j’ai essayé toute ma vie de vivre/fonctionner « comme les neurotypiques ». Parfois, je doute encore de mon autisme, parce que j’ai une excellente capacité d’introspection et d’adaptation et d’autre fois, ça m’apparaît clair que je suis autiste quand je sors de chez moi, que je porte mes écouteurs anti-bruit et que je suis perdue dans ma tête. Je commence tout juste à réaliser pleinement mes limites fonctionnelles, surtout à l’école et au travail.

Cela fait 5 ans que je vais à l’université et que je n’ai aucun diplôme. J’ai passé par beaucoup de « jobs étudiantes », souvent au service à la clientèle, mais je ne suis pas capable de rester plus de quelques mois à la fois, sans paniquer puis lâcher mes cours ou mon travail. Je suis aussi atteinte d’un trouble anxieux généralisé, pour lequel je suis médicamentée depuis 2017. J’ai peu d’estime de moi, mais ça s’est amélioré depuis que j’ai trouvé ce qui me passionnait dans la vie et que j’ai une vie amoureuse satisfaisante.
Le problème, c’est que j’ai de la misère à accepter mes limites, parce que ma mère m’a toujours dit que j’étais capable de faire plus que ce que je croyais, alors que moi, j’avais constamment l’impression de déjà me dépasser et je voyais que j’en faisais moins que mes collègues ou camarades de classe en termes d’heures de travail et de cours à l’université.
Je ressens parfois le syndrome de l’imposteur, car je sais que je peux avoir l’air neurotypique aux yeux de beaucoup. Pourtant, mes difficultés sociales demeurent bien réelles.
Aspie Life # 2 : Les imprévus
Je déteste les imprévus. En fait, tous les moments où il faut user d’improvisation me procurent un stress plus ou moins énorme.
Par exemple, lorsque j’invite quelqu’un chez moi, je sais que quand la personne arrivera, nous devrons parler, mais comme je ne sais pas de quoi exactement et ce que nous allons faire, que je ne sais pas à quoi m’attendre de ses réactions et de ses intentions, même si cette personne est mon amie, je sens un certain stress.

Lorsque, à mon travail, une conversation avec un client dépasse l’habituel « bonjour », « autre chose avec ça ? » et « merci, bonne journée » programmé d’avance dans ma mémoire comme un texte répétitif, je suis soit confuse ou carrément en état de panique.
Quand j’étais enfant, les imprévus me faisaient paniquer au point d’en faire des crises. Lorsque quelque chose était supposé se passer et que cela n’arrivait pas, j’étais en crise. Lorsque je n’étais pas prête a changer d’activité, j’étais triste ou fâchée.
